Sylk
[Présages]
 

Re: Présages

"Tharivor avait payé pour sa désobéissance et sa dépendance à ses pulsions de violence. Ases avait payé pour avoir tenté de l'aider sous nos yeux. Necro avait payé pour avoir voulu venger son traître de chef, osant s'en prendre à mon Second. Mais celui qui avait aidé Necro s'en était jusque là tiré. Et certains du Compas commençaient à se sentir un peu trop pousser des ailes. Donc nous avons décidé d'amplifier nous aussi nos actions, en réponse à leurs... erreurs. Miroirs, toujours.

Hedoras, Schein et moi avons attendu la nuit pour nous infiltrer au Compas. Pas de massacre, non... Nous ne sommes pas assez déraisonnables pour prendre d'assaut, à trois, un avant-poste entier.

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Il me fallait vérifier si Hedoras avait retrouvé toute son agilité, et jauger celle de Schein. Ainsi qu'entraîner notre discrétion. Et c'était l'occasion de leur faire découvrir les secrets d'un avant-poste que j'avais défendu des mois durant... Que je connais si bien. Et surtout... On cherchait une personne précise. On voulait leur rappeler que même entre leurs murs... Les individus qui s'opposent à nous ne sont pas en lieu sûr.
On a fini par voir Necro, de loin. Déjà parfaitement remis. Tous des mutants, je te dis. Si ça se trouve, ils sont tous des bouffe-entrailles améliorés, capables de parler. Enfin, capables de parler... plus ou moins bien selon les cas. On n'a pas touché à nouveau à Necro. Il fait une faute une fois, il paie une fois. Normal. Par contre, on lui a confié un message à transmettre à celui qu'on voulait voir.

"Dis à Ananaïs de compter les heures... Parce qu'il ne lui reste plus assez de jours."

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On est sortis... d'un pas tranquille. Mais je couvrais nos arrières. Pas envie de voir Hedoras à nouveau blessé, ni de voir Schein s'en prendre encore de la part de ces larves. Et arrivés sur le parking... Le courageux Necro, une nouvelle quelconque, et le fameux Ananaïs ont commencé à nous prendre pour cible depuis la tour. On a riposté... Miroirs, toujours. On prenait l'avantage quand quelqu'un du Compas est sorti en courant et qu'on l'a pris en chasse... ça a fait sortir Necro et le Tigre. Erreur de leur part, parfait pour nous... Quoi de mieux que d'attirer un ennemi sur notre terrain ?
Schein s'est repliée le temps d'être à nouveau à fond, et Hedoras et moi avons vaincu nos deux adversaires. Necro a fui la queue entre les jambes, mais Ananaïs ne pouvait pas espérer un tel luxe... Il n'avait pas encore payé pour avoir touché à mon Second.

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On l'a traqué jusqu'à ce qu'il ne puisse plus que ramper à nos pieds... Puis on l'a intégralement dépouillé.
On l'a pas tué, non... On reste des miroirs. Hedoras aussi s'en était sorti en vie. Donc il devait survivre. Question de principes.
Bref, on lui a tout pris. Il s'est laissé faire... Pas fou. Et comme je lui ai dit, contre de la minérale, il pourrait tout nous racheter... Plus tard...
Schein a même récupéré une gourde d'eau dans son slip. C'était presque drôle. Presque.

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J'ai fini moi-même la fouille au corps... J'éviterai de te détailler où j'ai trouvé une barre de fer rétractable, ainsi qu'une gélule verte. L'odeur parle d'elle-même. Heureusement qu'il me reste de l'eau Javel au Palais, il me faudra au moins ça pour désinfecter mes gants. Mais j'ai bien fait de vérifier, car il gardait aussi dans ses sous-vêtements de petits morceaux de métal imbibés de poison, projetant de s'en servir contre moi, quitte à en mourir.
Puis Schein a ouvert la marche, et Hedoras et moi avons porté Ananaïs jusqu'au Compas. D'une part pour qu'il crève pas là, incapable de marcher, et d'autre part pour que notre message soit bien clair... Qui touche aux Présages finit toujours par le regretter... Même ceux qui le font indirectement, planqués derrière des murs qu'ils croient protecteurs...

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On l'a déposé devant les portes... puis il a osé me toucher, me prendre le bras, même, pour se redresser devant moi... Disant que je "lui" ressemblais, à "elle". Je l'ai fait retomber et j'ai utilisé mon poignard sacrificiel de Rôdeur... ça faisait longtemps que je n'en avais pas eu l'occasion. J'ai tranché l'arrière de sa cheville droite. M'étonnerait que son tendon d’Achille se remette vraiment. Tant mieux. Il a besoin de temps pour réfléchir... Et quand il se bat, fonçant tête baissée, il le fait pas. Il se rend sans doute pas compte qu'au fond, on a rien contre lui, qu'on lui rend plutôt service.
La nouvelle qu'on avait blessée tout à l'heure est venue devant les portes... Puis est repartie chercher des bras solides pour transporter leur Tigre, selon nos ordres.

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Ananaïs m'insultait copieusement... Je m'en foutais, comme toujours. Je le regardais, blessé et anéanti. ça me rappelait le temps où j'aurais pu passer une nuit complète à le retaper. Il y a bien longtemps de ça...
J'ai noué un bandage très serré autour de sa cheville, pour qu'il se vide pas complètement de ce qui lui restait de sang.

On allait se casser quand trois êtres étranges ont débarqué... demandant des bonbons. Ils étaient lourdement armés, on a préféré les prendre au sérieux. Je leur ai filé la gélule verte dont je parlais plus tôt... Puis je leur ai dit de frapper aux portes du Compas, qu'ils avaient plein de bonbons et qu'ils ne voulaient jamais les partager. Ils ont frappé, comme conseillé... Et j'ai fait signe aux Présage d'en profiter pour se casser. En cas de paramètre inconnu, il faut se replier, toujours.

Une bonne matinée, finalement. Tout tourne, comme toujours, selon nos plans. Il suffit de ne rien précipiter et de savoir agir au bon moment... Ni plus, ni moins...

Ah, au fait, Schein et Ethan s'installent avec nous tous, au Palais. Mais ne t'en fais pas. Ta chambre reste à toi."

Sylk, assise par terre, reposa sa tête contre le lit derrière elle, et s'accorda quelques instants de silence et de calme. Il lui faudrait bientôt retourner au Nid et à son agitation perpétuelle...

 
Sylk
[Présages]
 

Re: Présages

"Tu devineras jamais les nouvelles."

Sylk entra dans la chambre à pas mesurés, presque las.

"A ton avis, qu'est-ce qui peut faire user leurs arcs aux Présages ? Et ce tous les trois ou quatre mois à peu près ? Bingo, toujours les mêmes. Toujours pareil : ils font des erreurs, ils s'en prennent dans la tronche, ils finissent cassés en deux, ils font profil bas quelques mois, et après ils reviennent, refont des erreurs... et ainsi de suite. Ils pigent jamais, ils pigeront jamais."

Sylk déposa son arc et son carquois contre le mur, près de l'entrée de la pièce, et défit son foulard.

"Enfin, cette fois-ci, le seul qui avait un peu d'intérêt ne revient pas. Le Tigre aurait vraiment clamsé. J'aurais au moins essayé de le faire fléchir jusqu'au bout... et il aura au moins tenu jusqu'au bout. C'est con, mais quelque part, j'aurais aimé que ça continue un peu plus longtemps. Pas inintéressant, si tu veux mon avis.
Et Tharivor ? Bah, il fait plus profil bas qu'avant. Il s'est un peu imaginé Piéton, je crois. Reste donc le plus grand wouineur du lot. Necro, et ouais, encore revenu d'entre les morts et encore plus barré qu'avant. T'imagines un peu ? Il s'imagine pouvoir prétendre mener les Pâtis. Le con, quoi. Il y a un an à peine, il en massacrait le Peuple en se marrant, essayant de faire bonne impression aux Gardes du Compas sortis pour l'occasion de l'expédition punitive. Il sait à peu près se battre, à force, et il s'imagine qu'ça suffit à se faire une place de chef.
Il a rien pigé à ce qu'ça implique d'être un meneur. Enfin, c'pas comme s'il réfléchissait souvent ou parvenait à faire quoi que ce soit, concrètement...

Enfin, si, il s'est trouvé une copine, du nom de... Youri ! Alors lui, je t'ai pas raconté, je crois. Tiens-toi bien, ça vaut l'détour."

Sylk s'assit par terre, adossée au lit.

"Youri, tu vois, c'est un gars un peu grande gueule, un peu... disons décalé dans ses réflexions. Rien de bien méchant, 'se démarque pas du lot quotidien, quoi. Mais il s'était fait chopper par le Compas, après les avoir bien emmerdés. Au point que Poverello lui avait brûlé la... ouais, enfin, tu piges. Ce qu'il a entre les jambes. Parce que ouais, du coup, je sais ce qu'il s'y trouve, enfin... Tu vas vite piger.
Un des rares potes de Youri, du nom de Skunk, avait fait l'tour de Vedasq pour trouver un doc. Moi, innocente hein, comme d'hab'... Quoi, pas innocente, moi ? Enfin bref, j'lui avais dit... Ouais. Contre une dette, bien sûr. Je balaie pas gratos l'Eglise des Larmes non plus, quoi, 'faut pas rêver.
Donc bon, je t'épargne le trajet jusqu'à l'Eglise où se trouvait le brûlé... Enfin, allez, si, un détail quand même, tu vas sourire. Skunk était tellement pressé d'y aller qu'il s'est jeté du haut du Nid, par accident. J'l'ai retrouvé quinze mètres en contrebas et j'ai rescotché ses morceaux, et hop, une deuxième dette. J'te dis, des fois, j'aime mon taff.
A l'Eglise, j'ai découvert ce qu'était la blessure... Nan, j'ai rien touché moi-même, non mais, oh. J'ai préparé le remède et je l'ai filé à Youri pour qu'ils se soignent entre filles. J'me suis inspirée du remède pour guérir les mains de Yao, quand il avait été cramé. Au Compas aussi, pour lui, d'ailleurs. ça doit les faire marrer, l'immolation. ça a l'air d'être leur p'tit truc qu'ils aiment bien, ça doit sans doute faire rire les gosses, je sais pas.
Bref, ce Youri, tu vois, ce con, il me doit sa b... sa virilité. Mais ça l'empêche pas de suivre Necro comme un boulet. Comme il faisait pour Brina, quoi, c'est juste un putain de suiveur sans cervelle. Et souvent, il reste silencieux quand tu lui parles. Comme s'il écoutait des voix dans sa tête... C'est chiant. Peut-être qu'il entend la voix de sa copine Necro qui lui dit de faire d'la merde..."

Sylk soupira, dégaina son poignard de Rôdeur, récupéra un morceau de tissu, et entreprit de lustrer son arme.

"Bref, Necro, tu vois, il se rend pas compte, mais à part deux-trois Youris-boulets et un Tharivor, plus personne ne supporte ses caumebaques à la con. Les moins entraînés au combat font genre de se courber devant lui quand il est là... Parce que ouais, 'faut lui reconnaître au moins ça, il se démerde avec un arc. Depuis le temps qu'il fout que ça d'ses journées, aussi, l'inverse serait inquiétant.
Mais à côté de ça, on est en train d'peaufiner l'affaire Présage la plus lucrative depuis... Depuis toujours, je crois. Tu vois, là où 'faut qu'on agisse finement... C'est qu'on doit pas l'éliminer trop vite. J'ai retenu mes coups l'autre fois, enfin ça c'était un peu délicat, heureusement que je sais encore bien fuir. Puis la fois d'après, j'l'ai laissé fuir. Pourquoi ? Tout simple. Plus il fout la merde, et plus on accumule de contrats contre lui... T'imagines à peine tout ce qu'il faudra lui faire une fois qu'il sera à terre. J'ai dû prendre des notes, déjà. Tout le monde veut le voir mutilé, massacré, marqué d'une petite façon personnelle, et tout le monde est prêt à contracter une dette pour ça. J'adore. Et ils vont pas être déçus.
Par contre on doit pas trop tarder non plus. Sinon, comme il y a un an, c'est les Factions qui vont finir par intervenir pour l'anéantir, lui et une partie des Pâtis, en voulant frapper large. Ce serait pas bon pour notre bizness, tu vois. Et puis plus on attend, plus on aura des pertes côté Présages. Parce que pour l'instant, tout ce qu'on a fait, c'est attirer l'attention de Necro sur nous. C'est pas plus mal, j'aimerais pas que les Présages révélés se ramollissent trop. Y a besoin d'entraîner la vigilance. J'verrai bien qui s'est l'plus rouillé parmi nous. Mais je compte sacrifier personne pour ça.

Et puis... Nous ne sommes en guerre contre personne... Il y a juste des gens qui s'imaginent être en guerre contre nous. Particulièrement Necro qu'on a toujours humilié. C'est con. S'il cogitait un peu, il pourrait trouver des moyens de ne pas nous avoir contre lui. Mais tu vois, cogiter un peu, c'est pas évident pour tout l'monde. Et à partir du moment où il doit payer pour avoir blessé un Présage révélé... C'est sûr qu'il est mal barré. De toutes façons, comme je t'ai dit, il est déjà foutu. Il s'en rend juste pas compte et continue d'creuser sa tombe."

Sylk observa son poignard de plus près. L'arme était d'excellente facture. Le regard de la Maître des Présages se teinta presque de nostalgie.

"Sinon, quoi d'autre... Oh, y aurait beaucoup à dire, et nettement plus intéressant que cette histoire. En gros, les Présages, le réseau, l'information, tout ça... Tout va bien. 'Faudra que je prenne le temps de te détailler pourquoi y a une montagne de couches sales à l'extérieur du Palais, par exemple. Ou comment on a été les premiers à faire une avancée en recherche culinaire de l'Avant. On a fait des crêpes ! Au chocolat fondu, en plus... c'était une tuerie ! Enfin, un autre genre de tuerie que la définition sanglante du terme. Et ça a pas été sans dommages collatéraux, heureus'ment qu'on a fait ça discretos au Palais, sans témoins extérieurs. Ils se s'raient marrés, je te l'dis, surtout avec ces stupides tabliers pour Hedoras et moi. Et sinon, eh bien, il y a aussi l'histoire d'un paquet de bonbons et de petits papiers, et aussi, j'ai fait plusieurs rencontres, 'faut que je te raconte..."

Sylk continua de parler pendant de longues minutes, seule, dans cette chambre vide du Palais des Présages, où elle avait toujours refusé que quiconque y ré-emménage...

 
Sylk
[Présages]
 

Re: Présages

Sylk avait une fois de plus disparu de Vedasq pendant de longues semaines. A son retour au Palais, ses vêtements étaient maculés de terre et de poussière ; les semelles de ses bottes, élimées, tout comme l'intérieur de ses gants ; les cheveux qui lui restaient, sur à peu près un tiers du crâne, collaient entre eux à cause de la crasse ; une odeur agressive de sueur imprégnait sa peau tannée par le soleil, et d'énormes cernes dévoraient la moitié de son visage. Mais elle souriait. Ce qui ne rendait pas forcément le spectacle moins repoussant, soit.

Elle passa par la réserve d'eau des Présages, en récupéra une quantité suffisante, puis se retira dans son appartement et passa plusieurs longues heures salvatrices à la salle de bain, armée de savon liquide et de divers produits décapants qui se révélèrent ne pas être du luxe.

Une fois remise entièrement à neuf, à part concernant les cernes, elle redescendit dans le hall d'entrée et déposa sur un meuble, bien visible, un message écrit au stylo Pic noir, d'une écriture serrée mais soignée :



Présages et assimilés Présages,

nous devons parler d'importantes nouvelles.
Dans quatre jours, lorsque le soleil sera au
plus haut, retrouvons-nous ici même.

-- Sylk

 
Sylk
[Présages]
 

Re: Présages

(Suggestion d'accompagnement musical)


Sylk était sereine. Plus sereine que depuis bien longtemps. Que jamais ? Peut-être. Était venu le temps du changement, des nouveautés. Son dernier passage au Compas l'avait surprise. La surprendre, voilà qui n'était pas arrivé depuis longtemps, ça, oui. Et cela s'expliquait par le fait que la Maître des Présages avait cessé de construire des plans pour Vedasq. De prévoir. D'anticiper. Ce n'était plus la peine... Ses critères étaient atteints. La phase suivante pouvait, devait commencer. Il suffisait de rester en vie quelques jours de plus. Et rester en vie ? C'était sa spécialité.
Le Compas l'avait surprise positivement. Elle ne pensait pas pouvoir le quitter en si bons termes. Oui, elle l'avait déserté et ne comptait pas revenir sur cette décision. Mais, en compagnie de la fidèle Présage Schein, elle avait pu y entrer dans le calme et... même parler du passé au coin du feu. C'est d'ailleurs ce qu'elle avait souhaité à certains Compassiens, comme elle les nommait. Elle leur avait souhaité beaucoup d'histoires au coin du feu. De transmettre et partager le passé. Ce passé, une arme pour chacun des Fondateurs, et aussi l'assurance de ne pas commettre plusieurs fois les mêmes erreurs... C'est peut-être dans ce même but qu'elle accepta la demande de Yashori, à qui elle remit ses deux vieux carnets de souvenirs. Sans animosité, les adieux l'auraient presque émue. Presque. Elle restait la Sylk froide, dure et acide que nombre de gens avaient croisée à Vedasq. Même si certains de ses traits humains ressurgissaient. Parfois. De plus en plus.
Car les critères étaient atteints, et elle avait réussi. Elle n'avait presque plus besoin de protéger son esprit de son armure d'acier glacé. Elle ne le faisait peut-être plus que par habitude, au fond. Par confort. Par facilité.
Elle était aussi passée dans leur maison. Elle n'y avait trouvé personne... avait laissé un simple signe de son passage... et espérait que l'un de ses oiseaux messagers reviendrait avec une réponse. Et sinon, l'absence de réponse serait aussi significative qu'un "non".
Elle se rendit également au Nid, qu'elle trouva étrangement calme et vide. Elle laissa un simple message, très succinct, tout à fait typique de son genre, là où dormait habituellement Le Chat :

Fin du contrat avec les Présages dans deux lunes. Ce fut mutuellement digne d'intérêt et proprement mené. Merci. Adieu. --Sylk
De retour au Palais, elle vérifia que leur invité le plus récent était bien installé. C'était le cas. Impossible de douter de l'efficacité de la véritable maîtresse de maison du Palais, la fameuse dénommée Catherine...
Il lui restait deux jours pour atteindre le tout dernier critère : sa cure de sommeil. Il allait falloir tenir, ensuite. Monter la garde. Être vigilante constamment.
Sylk n'était pas inquiète. Elle était presque sereine.


***

(Suggestion d'accompagnement musical)


Le jour décisif était finalement venu.

Assise sur son lit fraîchement refait, dans sa chambre bien propre du Palais, Sylk vérifiait le contenu de son sac à dos et de ses sacoches. Il y avait de l'utile, beaucoup d'utile. De l'eau tout d'abord. En bouteille, évidemment, et en bouteilles encore scellées, comble du luxe. De la nourriture industrielle, des fruits frais, des pommes de terre, des boisson sucrées. Des armes, dont son poignard de Rôdeur, toujours caché dans une gaine dans sa botte droite, mais aussi l'arc et le sabre confectionnés par Kelsier, deux armes à l'image du Serpent... Oui, à l'image du serpent tatoué qui ornait son dos, que seul Lan Mandragoran avait pu voir, à Vedasq. Elle se demanda un instant ce qu'avait pu devenir le bandit-gentleman, mais ce n'était plus ses affaires. Et il ne faisait pas partie de ses critères.
Elle emportait aussi de l'équipement et des habits de rechange. Une couverture. Un morceau de toile cirée imperméable. Des briquets. Une trousse de secours bien garnie : bandages enroulés, propres, compresses, épingles en métal sans rouille, savon, alcool, médocs étiquetés en tous genres, eau de Javel et même shampoing, et le seul, l'unique ensemble de matériel de suture existant dans les environs. A part les doc neutres, nul ne possédait un tel trésor. Vétuste, soit, mais encore à peu près utilisable... tant que l'on combinait son usage à de grandes quantités de désinfectants et de substances antibiotiques, soit. Il y avait aussi des plantes médicinales, dont plusieurs coeurs d'Arche des Marais. Plantes qui résumaient à elle seule toute une partie douloureuse, de soins constants, de son passé. Sans ces plantes, elle serait morte en décembre 2087, rien n'était plus certain.
La survie tient parfois dans la paume de la main.
Dans la trousse de premiers soins, enroulé dans l'un des bandages, il y avait aussi un grelot dont le tintement était étouffé par le tissu, auquel était rattachée une fine tresse de cheveux clairs. Sylk repensa au passé. Le grelot était le tout dernier souvenir du petit Dingdong. Les cheveux, un cadeau de Milly, prélevé sur Poverello.
Dingdong qui était mort dévoré par un cannibale. Milly, assassinée par Kelsier. Kelsier, trahi par Sylk, achevé par des Nashen. Et Poverello... à voir...
Oui, dans son sac, il y avait de l'utile, mais aussi de nombreux souvenirs. Surtout des souvenirs du jeune Xeros. Les quelques cadeaux qu'elle lui avaient faits : le sac en forme de nounours auquel il tenait tant et les deux figurines, qu'il avait nommées Flash et Vaillant. Et la fleur argentée qu'il avait offerte à Sylk. "Comme tes cheveux". C'était stupide ? Oh, oui. Stupidement douloureux. Affreusement douloureux.

"Mais oui, tu viens avec moi. Même si aucun d'autre ne décide de m'accompagner. On ira au moins tous les deux."

Elle semblait s'adresser au mur devant elle. Xeros avait été mortellement blessé par un tigre. Mort dans les bras d'une Sylk arrivée trop tard. Enterré à mains nues par elle, également.
Il n'était plus là. Son corps avait même été profané par Max, du Compas, dont le cuir chevelu, ou plutôt son absence de cuir chevelu, devait encore témoigner d'à quel point le chercheur avait pu avoir des idées plus brillantes.
Même les êtres comme Sylk se préservent d'une folie trop grave comme ils peuvent. Si le fantôme de Xeros était resté dans la chambre qui lui avait été attribuée de son vivant, il avait pu entendre toute l'histoire des Présages, que lui racontait Sylk à voix haute, toute seule, de nuit. Il était sans doute bon qu'aucun autre résident du Palais n'ait jamais remarqué cet étrange petit manège. Il ne collait pas à l'image largement connue de la Maître des Présages. Elle allait sans doute devoir essayer d'apprendre à s'en passer, vu la suite de son programme...

Sylk emportait aussi un petit poney remis par Sam, le Mioche qui se désignait par Roi-Poney. Une bouteille d'eau salée remise par Ezantoh. Une airelle séchée, laissée il y a longtemps par un Poverello qui faisait semblant, aux yeux de tous, d'être mort. Son foulard de Rôdeur, évidemment. Les pistaches remise par Jinny. Les racines de porte-bonheur, remises par le Conteur Melchior. La délicieuse confiture de pêche remise par Ethan. La clé de la vieille planque des Soldats, remise par Tharivor. Le Choupi-lapinou qui avait, semble-t-il, appartenu au Rôdeur Detra. Le pendule de Newton, dénomination que Sylk ignorait complètement, perdue dans les méandres de l'Avant, qui lui avait été offert par Vincent. Le trèfle à quatre feuilles un peu spécial, qui avait permis à Ananaïs d'être... épargné alors qu'il se trouvait à sa merci. Les mots et les rapports d'informations de tous ses Présages infiltrés, rangés dans une pochette en plastique imperméable. Elle eut une pensée pour tous ceux qui avaient disparu, en étant encore Présages pour certains, pour d'autres non. Detra, justement, Aradia, Jiin, Renkin aussi, bien qu'à peine, et Jinny, Toast, Hayne, Licka, Kalor... Elle emportait aussi le dossier de documents résumant toute l'activité des Présages, précédemment dissimulé dans le double fond de l'une des armoires du Palais.
Et aussi un petit bidon de pétrole trouvé par Schein - on ne sait jamais.

Ce passé aurait son poids, dans ses sacs. Mais il en valait la peine.
Oui, pour une Fondatrice, et même une Fondatrice tournée vers l'avenir, le passé restait ce qu'il y avait de plus précieux. Il avait parfois un goût amer, mais il méritait qu'on lui endure cette saveur.



(Suggestion d'accompagnement musical)

Il était l'heure. Dehors, le soleil approchait de son zénith. Il y serait dans une heure, tout au plus.

Sylk se redressa, laissa ses affaires dans sa chambre, et fit un crochet par la grande salle à manger. Elle laissa ses doigts glisser sur la vaste table, qui avait accueilli plusieurs festins partagés entre Présages et assimilés Présages. Puis, elle descendit dans le hall d'entrée du Palais. Elle y trouverait ceux qui avait lu le message laissé sur le meuble et qui avaient décidé de venir. Ethan viendrait-il ? Pour les autres, elle n'avait pas de doute. Et pour aucun, elle n'avait d'inquiétude. Les Présages avaient toujours été libres, libres de construire leur place, libres de quitter son "service" à tout instant, libre de l'appeler comme bon leur semblait en privé. De Maître, elle n'en avait que l'apparence à l'extérieur, même si la plupart des siens la traitaient en tous temps avec respect. Elle espérait l'avoir mérité. Elle avait en tous cas tout fait pour.

Le Palais était comme toujours impeccable, offrant dès l'entrée une vision tranchant radicalement avec les ruines habituelles. Même le sol et les murs brillaient, cirés de frais, et le plafond était parfaitement dépoussiéré. Les odeurs, également, étaient agréables, émanant pour la plupart de produits de nettoyage de l'Avant. Chacun des meubles avait été retapé, au fil de fer, au scotch, ou avec des vis maintenant entre elles des planches parfois quelque peu disparates. Les canapés avaient été recousus et recouverts de tissus décoratifs. Certains meubles avaient même été amenés depuis d'autres résidences. Le tout était assez harmonieux, esthétiquement parlant, et confortablement aménagé. Sylk eut un bref souvenir du début d'incendie qui avait secoué leur lieu de vie... Les traces n'en étaient presque plus visibles.
Chacun des habitants du Palais avait fait un excellent travail, chacun selon ses domaines d'expertise, et l'on pouvait à présent admirer le résultat d'un an d'efforts acharnés, fruit de leur solide collaboration et de leur solidarité sas faille. On se serait presque crus dans les rêves que Sylk avait parfois de l'Avant, inspirés des rares livres de sa jeunesse, des brochures, des divers documents qu'ils avaient pu regrouper... Grâce à cet important travail documentaire, ils avaient d'ailleurs pu faire avancer, à leur niveau, la recherche. Certaines salles avaient été ré-aménagées en ateliers, qui ressemblaient un peu à des fourre-tout, à présent. Bien que la maîtresse de Palais était évidemment passée par là aussi. C'était presque rangé, et indéniablement propre.
Si seulement tout cela avait pu avoir lieu au Compas. Mais ça avait été impossible. Sylk avait pourtant essayé de faire tout ce qu'elle pouvait, dans ce sens, à l'époque. Les Présages et les assimilés avaient finalement recréé leur avant-poste miniature, bien à l'abri dans ce Palais. Un lieu organisé, fonctionnel, protégé, agréable. Et un mode de vie définitivement, profondément fondateur.

Sylk, préférant rester debout, parcourut du regard ceux qui s'étaient rassemblés pour la réunion, attendit que le silence se fasse ente eux, puis, étonnamment détendue par rapport à ses anciennes habitudes, prit calmement la parole.

(Suggestion d'accompagnement musical)

"D'autres invités ne tarderont pas à nous rejoindre. Ils frapperont de quatre coups à la porte derrière moi. En attendant, essayons de traiter les affaires plus internes aux Présages. Ils n'auront pas besoin de ces informations-là...

Par où commencer ? Eh bien... Nos critères sont atteints. Je vais partir, définitivement, de cette région. Et chacun d'entre vous est invité à venir avec moi. A m'accompagner... En ami."

Sylk se déstabilisa presque toute seule avec ce dernier mot. C'était pourtant vrai. Tout simplement vrai.
Mais parfois, la vérité peut faire plus de bien que n'importe quoi d'autre.

"Je vous annonce la fin des Présages. Je n'en ai jamais parlé clairement jusque là, mais, notre vie à Vedasq n'était pour moi qu'une phase. Une première étape. J'ai toujours souhaité rejoindre les régions plus centrales à la grande Fondation. Toujours, depuis que Brasier nous avait parlé, au Compas, de cette fameuse "zone A" et de la capitale Pcéra. Mais pour cela, il fallait nous préparer. Attendre d'atteindre des critères que j'avais définis. Car quitter Vedasq et voyager si loin n'est pas facile. Et pouvoir s'intégrer à une ville fondatrice, sans doute encore bien plus compliqué.

Pour atteindre les critères, il nous fallait être capables d'être plus ou moins ce qu'étaient avant nous les Rôdeurs Murmurants. Mais ces Rôdeurs avaient pour objectif la suprématie. Pour nous, cette suprématie n'était pas un objectif mais un moyen. L'objectif... a toujours été de pouvoir prétendre à une vie meilleure, encore meilleure que celle dans ce Palais, et encore plus utile. Plus utile pour la Fondation.

Ah, ça n'a pas toujours été simple... Mais on s'en est bien tirés. Il a même fallu plus de six mois pour que les gens commencent à se rendre compte que nos rangs ne comptaient que des Élus savamment sélectionnés. Je veux dire, vous tous, oui. Yep, les autres ont mis du temps à commencer à sentir que les mutants ne restaient pour nous que des outils. Nous avons su assoir notre suprématie et préserver les apparences de neutralité impeccable et de réactions miroirs. Cacher notre jeu, et même, sur certains points, aider, dans une moindre mesure, le Compas, ou les quelques individus qui en valaient la peine. Et mieux encore, nous avons tous survécus, parmi les Présages révélés.

Mais à présent, les critères sont atteints. Les négatifs, tout d'abord. Ceux qui me servaient d'alarmes. Il ne nous reste que deux oiseaux en vie, et plus de la première jeunesse. Je ne sais pas comment les Rôdeurs les entraînaient... Ce moyen de communication sera bientôt disparu. L'un des oiseaux est même salement blessé à une patte..."

Sylk posa un regard bref sur l'un des interlocuteurs présents. Un moustachu.

"Et le système de verrouillage de la porte du Palais commence à montrer des signes de faiblesse. A l'heure actuelle, je ne connais personne qui serait capable de nous le refaire aussi bien qu'il l'était... Et vu ce que ça nous avait coûté, ce n'est peut-être pas plus mal."

Un bref temps d'arrêt.

"Les critères plus positifs sont aussi tous atteints. C'est la belle saison, la moins rude pour voyager. Mes filleuls sont assez grands et... plein de vie... pour tenir le voyage, si l'on fait ça bien... et on fera ça bien, j'ai beaucoup de préparatifs à vous montrer, dont une sorte de charrette que Charles et moi avons beaucoup bricolé. Chacun a suffisamment fait son travail, aussi, pour atteindre le reste des critères. Les Présages révélés ont rapporté bien assez de matériel et de qualité plus qu'excellente, ça nous servira pour notre usage personnel pendant le trajet, et pour du troc, potentiellement, avec les gens que l'on rencontrera. De plus chacun est assez aguerri pour que nous puissions voyager de manière discrète et au pire, nous défendre de tout danger. Ou presque. En ce qui me concerne, j'ai beaucoup erré pour essayer de trouver par où partir. Je ne vous mentirai pas, je ne sais pas exactement où l'on va se rendre, mais j'ai quelques pistes pour bien commencer. C'est compliqué d'en savoir plus. Personne n'en parlait ouvertement, au Compas, de peur d'encourager la désertion de cette fichue région, j'imagine. Mais avec toutes mes escapades, j'ai au moins pris les bons réflexes pour voyager de la meilleure manière possible. Quant à nos... consultants de recherche..."

Sylk avait marqué un court instant pour retrouver la dénomination parfaitement appropriée.

"Ils ont tous assez approfondi leur domaine de recherche pour avoir une véritable valeur de... cerveaux pour la Fondation. Mieux encore, certains ont même conservé concrètement leur insigne de la Fondation. Tout cela devrait nous aider grandement à nous intégrer. Et certains ont mis au point des inventions qui nous serons plus qu'utiles lors de nos déplacements.

Quant à notre intégration, je suis prête à tout, une fois que nous serons arrivés sur place. A Pcéra, si possible. S'il faudra ramper, s'il faudra repartir se battre pour revenir officiellement, s'il faudra effectuer des basses tâches, peu m'importe. Pour ma part, je suis prête à repartir de là où il faudra pour atteindre l'objectif final et prête aux sacrifices qu'il faudra pour que tout notre groupe s'en sorte au mieux. Comme on l'a toujours fait. Enfin, on a bien le temps de voir les détails."

Sylk observa les visages des personnes présentes, cherchant à y lire leurs réaction.

(Suggestion d'accompagnement musical)

"Vous pouvez partir avec moi, vous pouvez aussi rester. Vous êtes libres. Vous l'avez toujours été. Si certains Présages décident de rester, je leur remettrai un document listant toutes les dettes encore actives, à tout hasard. Même si je ne suis pas certaine que les endettés s'y plieront encore... Et nos deux oiseaux, eux aussi, resteront, bien que je leur donne tout au plus deux mois d'espérance de vie. Vous pourrez garder le nom de Présages, si vous le souhaitez vraiment, mais il est sans doute trop rattaché au mien pour vous être vraiment pratique. Vous pourrez reconstruire ce que bon vous semblera. Faire usage du Palais, aussi, enfin... Aussi longtemps qu'il tiendra.
Qu'en pensez-vous ? Il vous faut y réfléchir rapidement, je ne tiens pas à laisser le temps à de potentiels obstacles de se dresser contre notre départ... Si certains d'entre vous préfèrent l'adieu, qu'il en soit ainsi. Même si j'essaierai peut-être... exceptionnellement... de faire changer votre avis.

Parce qu'il y a encore bien des aventures qui nous attendent. Et les meilleures sont à venir."

La Maître des Présages prit finalement place dans un fauteuil vert, qui avait presque retrouvé son moelleux grâce à de minutieux travaux de rembourrage, situé près de la porte d'entrée. S'adossant confortablement en arrière, jambes croisées, ses mains repliées sous son menton, elle scruta de son regard bleu intense les visages des personnes rassemblées. Déterminée, elle l'était. Quant aux autres ?...

 
Ethan Jones
[Le Violon]
 

Re: Présages

Ethan se tenait debout, immobile, la regardant avec toujours autant d’admiration. Puis il posa les yeux sur ses camarades, ne sachant quoi dire.
Il avait bien lu l’invitation quelques jours auparavant et connaissant bien le Maître des Présages, il avait senti que quelque chose de très important se tramait.
La sensation que tout était acquis… Absolument… C’était pour cela qu’il s’était donné un nouveau défi : réintégrer Le Compas pour y mettre de l’ordre.  Il avait pris cette décision sans l’accord de Sylk et c’est justement ce soir là qu’il voulait lui en parler. A vrai dire pas besoin, l’insigne était accrochée sur son tablier en cuir…
Il attendait surtout sa réaction.

A force d’un silence pesant il prit son courage à deux mains


« Maître, tout d’abord c’est un immense plaisir de vous revoir. »

Il fut alors pris d’une énorme quinte de toux.

« KOF KOF ! »

Sylk restait silencieuse, n’aidant pas le pauvre Ethan à reprendre le cours de sa triste et pathétique déclaration.
Après s’être raclé la gorge un bon coup il se reprit, sur un ton moins solennel et plus taquin.


« Ho Sylkounette !!! Tu nous fais quoi là ! Hors de question qu’tu files sans ton préféré !!! Un beau mec au moins pour appâter les éventuelles rencontres !»

Rouge vif, souriant, quelque peu déboussolé. Il se tut. 

 
Hedoras
[Présages]
 

Re: Présages

Hedoras, suite à la lecture du message de Sylk, descendit de son perchoir, qu'il quittait pourtant rarement, et retourna au Palais.

Le Palais était toujours aussi resplandissant, propre, inutile de dire que Catherine même chargée de ses deux Chiars ne chômait pas.


Il était adossé sur le mur près du canapé quand Sylk prit la parole.

Le nez dans son foulard, il l'écouta parler jusqu'au bout, hochant la tête à certains moments pour approuver ce qu'elle disait.

il sourit sous son foulard lorsque Ethan prit la parole. "Sylkounette" Personne même lui n'avait usé d'autant de familiarité avec elle.

il se raclat la gorge, se redressa et prit la parole.



- Pour moi la question ne se pose même pas... Je n'ai plus grand chose à faire ici ... Retourner au Compas est hors de question.

Après avoir été Second des Présages, un rôle de larb... de simple Fondateur là-bas est inimaginable....

Il est temps pour... Hedoras s’arrêta quelque instant et regarda Sylk. Pour "nous" de trouver un autre terrain de jeux.

- Je t'accompagne sans regret ni hésitation.

Hedoras fit le tour de l'assemblée, regardant tout à tour les invités présents. Le salon était calme.

 
Schein
[Présages]
 

Re: Présages

Calme, c'était le bon mot. Calme car Schein n'aimait pas discuter. Selon elle discuter c'était devoir montrer à tous ses faiblesses.
Elle écouta alors Sylk, puis Ethan et enfin Hedoras. Pour chacun elle émit son propre jugement.

Mais son choix était déjà fait.

Le Compas? Pfeuh..jamais de la vie, cet endroit pue trop, jamais elle n'y retournerait pour se battre contre les Nashen.
L'insigne? Pourquoi pas, mais alors ce serait ailleurs, hors de Vedasq, dans un autre bastion.
Mais la solution la plus adaptée pour elle se fut de s'en aller tout simplement. Marcher au bord des routes fut toute sa vie avant d'arriver à Vedasq. La solitude l'a forgée, elle continuerait à marcher. Puis Pcéra, une "Kapitale"? Et cette fameuse Leelh dont parlait quelques piétons, où est ce que c'est?
Mais il y avait un hic dans tout ça.
Le hic c'était Ethan.
Est-ce qu'il arriverait à s'en sortir seul?
Mais faire machine arrière n'était pas possible pour l'instant.

Dans une bruit de cuir, et de tissu moulant peu souple, elle rompit le silence et descendit de la table où elle était assise.


"Je viens."

 
Sylk
[Présages]
 

Re: Présages

Comme souvent, Ethan prenait Sylk de court par ses formulations. Celui qu'elle désignait par "l'Ecrivain" méritait bien ce titre, sachant faire appel à l'art de la langue tant de manière classe et formelle, que comme une arme perçante et déstabilisante, jouant sur tous les registres avec aisance. Face à l'enchaînement des réactions, elle ne put que hausser un sourcil de surprise, puis dissimuler un bref sourire derrière son foulard, dont le tissu se déforma un peu, en conséquence. Ethan voyait juste, il serait utile au groupe non seulement comme défenseur aguerri comme elle l'avait dit, mais également comme... Expert en communication. Un rôle que Sylk avait jusque là survolé dans son organisation pourtant fine, mais le constat était indéniable : si elle était particulièrement efficace en intimidation, lui serait particulièrement efficace en persuasion.
Et leur voyage promettait d'être bien plus amusant en sa présence qu'en son absence, c'était certain.
Elle nota la présence de son insigne et ne parut pas s'en étonner. Du quatuor, Ethan avait toujours été le plus rattaché et le plus soucieux du Compas. Même s'il l'avait toujours montré... à sa manière bien personnelle...

La réaction de son Second ne surprit pas la Maître des Présages. Voilà longtemps qu'Hedoras et Sylk formaient un binôme stable. Depuis le début des Présages, en fait, ou presque, constituant ainsi le socle de tout le clan. Ils se connaissaient bien l'un l'autre et avaient su, avec le temps, comprendre et pardonner les quelques failles qu'ils avaient pu déceler chez l'autre. Une relation de confiance ? Oui, c'était sans doute le mot le plus adéquat. Une valeur rare que leur départ synchronisé ne pourrait sans doute que renforcer.
A eux deux, ils assureraient le rôle de piliers, garants de la stabilité du groupe, comme depuis toujours. Et Sylk se sentait soulagée qu'il puisse enfin ne plus avoir besoin de multiplier les conquêtes amoureuses mutantes pour atteindre ses objectifs... Elle n'avait jamais vraiment approuvé de tels moyens, qu'elle jugeait dégradants. Mais Hedoras et elle n'étaient pas en binôme sans raison : ils étaient à la fois similaires, et différents d'une manière complémentaire.
Elle s'arrangea pour croiser son regard et savait qu'il saurait y lire sa profonde approbation et son soutien.

Schein, avare en paroles comme à son habitude, viendrait donc également. Elle avait toujours été "spéciale", aux yeux de Sylk. Ce qui justifiait sans doute qu'elle avait été la seule Présage révélée à n'avoir jamais eu besoin de passer par le statut d'infiltrée, et à avoir eu la plus courte période d'essai pour intégrer définitivement le clan. Sylk avait la sensation instinctive de se retrouver un peu elle-même dans la jeune femme. Elle sentait en Schein le poids de toutes les trahisons passées, injustement subies, difficilement survécues, et le goût de la solitude comme solution, ou plutôt, comme échappatoire.
Elle espérait que comme pour elle-même, les Présages avaient pu être pour Schein une solution nouvelle, la découverte d'un environnement stable, de la fidélité et de la loyauté mutuelles. Une sorte de "famille", pour autant que des êtres aussi malmenés par le passé, et aussi gravement atteints psychologiquement que les Présages puissent former une "famille". Manifestement, ils avaient su atteindre cet objectif.
En la désignant comme binôme d'Ethan, elle espérait avoir offert à la jeune femme ce qu'elle-même avait trouvé avec Hedoras. Elle se demandait parfois si c'était le cas, ou s'il y avait plus, ou moins, qu'entre eux. Mais jamais elle ne demanderait directement à Schein. Elle avait compris qu'elle ne lui rendrait pas service en la contraignant à s'ouvrir. Elle la laissait donc se décider et évoluer... à son rythme. Espérant ne l'avoir au moins jamais déçue.

Sylk détailla quelques instants le visage de Schein du regard, comme pour y lire toutes les pensées qu'elle ne communiquait jamais.
Ainsi donc, le quatuor resterait entier. Cela assurerait indéniablement les meilleures conditions de départ pour le groupe.
Elle reprit calmement la parole.


"Hmmm... Libres mais loyaux... Capables d'être autonomes, mais solidaires et soudés... Nous avons atteint ce que j'espérais, Présages, une vision d'un groupe équilibré qui sait s'auto-discipliner et où chacun a su trouver sa place et... peut-être même un certain bonheur. Si c'est vraiment le cas pour chacun de vous, je suis..."

Sylk chercha ses mots. Des mots qui lui faisaient bizarre. Qui étaient un peu en décalage avec son expression faciale figée à nouveau dans la neutralité. Mis qui sonnaient le plus sincèrement qu'on ait pu imaginer, de la part de Sylk.

"Alors je suis ravie. Je tiens autant à chacun de vous trois qu'à ma propre peau, ce qui n'est pas donné dans une telle région...  et je serai prête à tout pour que notre groupe parvienne mieux à ses objectifs que si nous étions séparés. Pour que notre union continue de faire note force. Depuis un an, j'espère vous avoir toujours offert au moins autant que ce que j'attendais de vous. Pour moi, ça a toujours signifié ça, d'être... un meneur. Un vrai bon meneur."

Un peu embarrassée par tant de... révélations émotionnelles, elle observa alors les autres personnes présentes dans la salle, et les invita du regard à oser prendre la parole.

 
Mélodie Sélèst
[Branche Logistique]
 

Re: Présages

C'était aujourd'hui... 4jours s'était écouler depuis la visite de ce petit oiseau, 4jours d'intérogations qui allais trouver leurs réponses, enfin.

Mélodie se leve doucement, le soleil est encore bas, filtrant a travers les rideaux de la pièces.
Après une rapide toilette, elle leve guttela a son tour et prépare le petit déjeuner avec des produits industriels en bon état et tout en mangeant, essai d'expliquer à la fillette qu'elle vas devoir s'absenter pour la journée.

La petite, toujours curieuse, la bombarde de question, qui ne trouve presque aucune réponse, la laissant boudeuse, mais pas en colère, elle avait l'habitude que sa mère ne lui disent pas tout, en particulier ce qui concerne l'extérieur, ou son passé.

Après ce copieux repas, elle sortie sa tenue de combat et ses armes, qu'elle avait laisser au placard depuis bien longtemps déjà...


Au moins, je tiens encore dedans, il ne restais plus qu'a partir !

Un rapide bisou pour gutella et la voilà dehors, vraiment dehors... en dehors du compas... ça dois faire des mois qu'elle ne l'a plus quitter, le nez dans des montagne de paperasse, les affiches à classer ou à préparé entre autres... Elle reprend ses marques, les environs du compas n'ont pas beaucoup changer, elle retrouve ce goùt de marcher dehors, cette senssation de toujours devoir être aux aguets.

La marche seras longue, elle sort un petit bout de papier de sa poche, pour observer le plans qui la mène a sa destination, les questions qu'elle se pose refond surface, plus pressante encore. Et même sans l'admètre, elle serais heureuse de la revoir... une certaine nostalgie l'envahie a cette idée... mais l'heure est a la marche...

A quoi peu bien ressembler ce fameux palais...

 
Thérèse Plendissante
 

Re: Présages

"La musique est la langue des émotions" - Emmanuel Kant

J'arrive dans le salon, bondé, et dépose sur la table plusieurs plateaux de mes fameux cookies, ainsi que plusieurs bouteilles de bon soda bien frais : j'ai découvert récemment que placer un torchon gorgé d'eau sur une bouteille rafraichit le contenu de la bouteille quand l'eau du torchon s'évapore! La classe, non? Enfin, là, tout le monde me regarde bizarrement, je n'ose pas les regarder...  Je devrais peut-être me présenter... Je dépose doucement deux couvertures sur un siège laissé libre, à côté de ce type moustachu qui m'horripile, puis je prend la parole.

"Me voici, me voilà. Catherine, Assimilée-Présage, Consultante en Recherche Culinaire, et accessoirement dame à tout faire du Palais des Présages. Voilà pour ceux qui s'étonnaient de ma présence parmi cette auguste assemblée... Enfin, Catherine... Je pense que maintenant que nous sommes sur le départ, je peux vous révéler ma véritable identité... et pourquoi j'ai été obligée de la cacher."

Je regarde gravement Sylk. Merveilleuse Sylk.

"Je m'appelle Thérèse Plendissante, séduisante et douce blonde d'une vingtaine d'années, ancienne serveuse du Last Rock... et je suis morte. Voilà la version officielle : mon corps est censé reposer quelque part dans la Brèche, parce que ces bouffeurs de racines... maiiiis n'abordons pas ce point crucial trop vite. Commencer par le début serait opportun, en plus d'être logique. Bref, quand je suis arrivée à Vedasq, je suis rapidement partie du Compas, qui ne me plaisait pas plus que ça. Je me suis vite retrouvée à Sainghain-les-Patis, où j'ai rencontré Chris... Chris... Chris Forsaken... Excusez-moi."

Je sors à pas précipités de l'appartement, arrive dans le hall, m'adosse au mur pour reprendre ma respiration, avant de lancer un tonitruant "Connard, va!". Je ne connais la vérité que depuis peu... Je reviens ensuite parmi l'assemblée, quelque peu troublée, et je reprend mon discours.

"Je disais donc que j'ai rencontré Chris Forsaken, séduisant... bel homme... dont je suis tombée... amoureuse... Contrôle-toi, Thérèse!.. ainsi que de son projet, le Last Rock. Je l'ai aidé, avec une amie dénommée Mérédith, à retaper son bar, à y attirer du monde, et ça a plutôt bien marché... au début. Dans le même temps, je me suis liée d’amitié avec des gens formidables, comme Helioz, Zekh Astram, ou encore Elisabeth... et me suis fait des ennemis bien moins respectables, comme Ananaïs ou Kelsier... Ensuite, ça a cafouillé. En effet, Monsieur a transformé mon utérus en première résidence de sa descendance, et ce alors qu'il venait de rejoindre les Nashen, qui ne voyaient pas notre relation d'un très bon œil. En plus, ce... grmmmbl, du calme! copulait avec Lythia, espèce de garce va, m'assurant qu'il n'y avait là qu'un acte de pure générosité détaché de tout sentiment amoureux, Mademoiselle déprimant. Je... Grmmmbl... Un instant, je vous prie."

Je ressors brusquement de la pièce, recours jusqu'au rez-de-chaussée, atteint la cuisine de l'appartement que j'occupe, déballe d'un carton des assiettes que j'avais entreposées là car je ne comptais pas les emporter, et une à une, les lance violemment contre le mur, produisant un boucan monstrueux. Après m'être calmée (et anéanti tout le contenu du carton), je remonte et regagne ma place parmi tous ces gens qui se demandent comment cette cinglée peut être Assimilée-Présage. J'en ai profité pour prendre André, mon si joli pigeon blanc... il est allé se percher sur l'accoudoir du fauteuil où se tient Sylk. Nul n'ignore qu'elle a un don avec les oiseaux.

"Voilà. Ma grossesse devient bientôt un sujet d'actualité brûlant au sein de la Brèche, et les ennuis commencent pour moi. Zeddar me kidnappe. J'en rééchappe heureusement. Ensuite, j'apprends que ma tête est mise à prix, parce qu'un Turne et une Emnue ne peuvent... mais qui est le débile qui a décrété ça, franchement?! De plus, le Last Rock est déserté et coule complètement. Heureusement qu'en même temps, je rencontre Mélod... euh, bref."

Je viens de remarquer que Mélodie Sélèst (qui m'a tant manquée, mais sur qui j'ai fini par tirer un trait...) est dans l'assistance, putain-mais-qu'est-ce-qu'elle-fout-là... reprendre contenance... se remettre à parler... calmement...

"C'est alors que Sylk intervient. Une espèce d'iceberg indestructible qui contrôle toute la région en l'empêchant de s'auto-détruire. Tel est mon avis sur elle à cette époque. Mais je peux vous dire, maintenant, que sous sa carapace de glace, elle a un cœur. Elle m'a sauvée, de toutes les manières qu'une femme puisse être sauvée. D'autant plus qu'elle semble être passée par certaines des étapes que j'ai eu à franchir..."

Je regarde Sylk et lui sourit. Elle ne m'a jamais expliqué, et je ne l'ai jamais questionnée, mais j'ai une idée de ce qui a pu lui arriver dans le passé... une partie, en tout cas. Quoiqu'il en soit, j'espère que mon sourire montre bien toute la gratitude que j'éprouve pour elle. Elle est devenue une véritable amie.

"Elle m'a donc donné une nouvelle vie, avec la complicité de... mon cher et tendre. Groumph. Elle m'a fait quitter Sainghain-les-Patis avant que ça ne devienne trop dangereux pour moi. Elle a été dégoter un cadavre me ressemblant trait pour trait, lui a pris ses vêtements qu'elle a remplacé par les miens, l'a éventré puis défiguré, et l'a largué quelque part près d'un Molosse, où il serait retrouvé par des Nashen crédules croyant à ma mort. Elle m'a ensuite amenée ici, au Palais des Présages, où j'ai rapidement trouvé ma place. Devenue Consultante en Recherche Culinaire, et briquant le Palais du sol au plafond, ma grossesse a suivi son cours en toute quiétude."

Je viens de remarquer qu'il y a une toile d'araignée dans un des coins de la pièce. COMMENT EST-CE POSSIBLE MALGRÉ MON ENTRETIEN QUOTIDIEN?!

"J'ai été accompagnée par Sylk, évidemment, que j’ai promue au poste de Marraine, mais aussi par les trois sacrés gaillards que sont Hedoras, Ethan Jones, et Schein, sans oublier Charles Stenfford, ce documentaliste si instruit sur l'Avant... Entre cuissons de mes fameux cookies et discussions heureuses parsemées de repas gourmets avec les Présages, le temps passe vite, et l'événement tant redouté des fumeurs de champignons se produit."

Je tourne la tête, et me dirige vers la chaise où je les ai posés, et enlève un peu la couverture pour pas qu'ils n'aient trop chaud. Le moustachu semble presque attendri en les voyant. Presque. C'est vrai qu'il est adorable. Non, pas le Moustachu, mais bien évidemment mon petit garçon, un petit rouquin bien dodu âgé de 4 mois... tout comme ma petite brunette, qui comme d'habitude... fait la tronche.

"Ce jour là, j'amenai ma plus grande réalisation dans l'appartement de Sylk, un gigantesque plat de spaghettis bolognaise. Contractions. Perte des eaux. Chute brutale. Spaghettis à terre. Mais quelques heures plus tard, le bonheur d'être mère en ne tenant pas dans mes bras non pas un, mais deux beau bébés en pleine forme. Julien, qui passe son temps à pleurer et à quémander ma poitrine (qui a entre temps pris des proportions encore plus... intéressantes) : c'est drôle, il me rappelle quelqu'un... Suzie, merveilleuse petite fille, très jolie, mais franchement pas marrante... jamais un pleur, jamais un rire... et ce regard si...  Sylkien."

De nouveau, je regarde Sylk. Je l'admire tellement que j'ai l'impression d'avoir absorbé son patrimoine génétique pour le transmettre à ma fille...

"Et la vie reprend son cours : élever ces bambins au Palais est bien plus aisé que si il fallait le faire à l'extérieur, cet extérieur devenu si sombre et si dangereux pour moi... Dont les hauts murs du Palais et ses habitants si exceptionnels me protègent. Mais voilà qu'ils doivent partir."

Je perd quelque peu mon sourire, à présent. Nous arrivons à la fin.

"Oui, les Présages quittent Vedasq... ce que la région a connu de mieux va définitivement disparaître. Je sens venir l'anarchie et la destruction à plein nez!.. Pourtant, je prévois de rejoindre... oh, Thérèse, que tu es sotte!.. Chris Forsaken, afin de le retrouver pleinement et de lui présenter ses enfants. Grossière erreur. Hedoras vient de m'apprendre que cet enfoiré a engrossé une des serveuses du Last Rock qui a entre temps accouché... Il m'a menti depuis le début, le fils de... oh... je... excusez-moi, j'arrête là!.. avec lui. Mais pas avec vous. Je vous suivrai où que vous alliez, soyez assurés de ma loyauté... mais maintenant..."

De nouveau, je sors précipitamment de la pièce, file dans la chambre de Sylk, ouvre la fenêtre, inspire un bon coup, et...

"CHRIS FORSAKEN!!!!!! ESPÈCE DE LÂCHE ET DE TRAITRE, SACHE QUE SI JAMAIS JE TE MET LA MAIN DESSUS AVANT MON DÉPART, JE VAIS TE FAIRE BOUFFER LES COUCHES DE TON MORPION UNE A UNE !!!!!! TU M'ENTENDS, ESPÈCE D’ENFOIRÉ, TU VAS ME LE PAYER, TU M'AS PRISE POUR UNE IDIOTE, TU..."

Je vais en avoir pour un moment pour me calmer, tant j’ai besoin d'expulser toute la frustration que cette révélation a éveillé chez moi. Le temps pour laisser d'autres personnes parler, je vais d'ailleurs fermer la porte pour qu'ils soient un peu plus en paix...

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 Avec mes remerciements les plus sincères et les plus vifs à Sylk An'Saël, pour cette année de jeu de rôle de haute qualité et plus que... savoureuse.

 





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